POUR QUI CETTE APPROCHE EST-ELLE ADAPTÉE ? (L’ANALYSE JUNGIENNE)
Carl Gustav Jung décrit en détail dans son autobiographie Souvenirs, rêves et pensées la manière dont il a traversé une période de profonde inquiétude intérieure :
« À mesure que je parvenais à traduire mes émotions en images, la tension intérieure diminuait… Cette expérience m’a permis de comprendre combien il est important, d’un point de vue thérapeutique, de prendre conscience des images qui se cachent derrière les émotions. »
Autrement dit, nous possédons tous une ressource intérieure capable de nous orienter vers les transformations dont nous avons besoin, conformément à notre propre quête. Pourtant, nous la remarquons souvent à peine. Ne sachant pas comment l’utiliser, nous cherchons avant tout à nous débarrasser de notre malaise. Nous nous détournons ainsi de ce qui pourrait précisément nous aider.
En psychothérapie jungienne, nous travaillons avec l’activation consciente de l’inconscient. Lorsque les rêves sont absents ou que les fantasmes spontanés ne se manifestent pas, Jung considérait qu’il était parfois nécessaire de recourir à une « aide artificielle ». Le point de départ est alors l’état émotionnel lui-même. Selon le principe d’autorégulation de la psyché, cet état contient déjà l’énergie susceptible d’aider la personne à remettre de l’ordre dans sa vie.
Ainsi, le symptôme n’est pas seulement le problème : il porte également en lui une part de la solution. Il est ambivalent et contient à la fois la difficulté et la possibilité de sa transformation.
La personne est invitée à s’immerger dans ce ressenti et à observer les images, associations et fantasmes qui émergent, en les consignant par écrit ou à travers toute forme d’expression créative.
Le rôle du thérapeute consiste à aider la personne à se tourner progressivement vers cette ressource intérieure, à la reconnaître et à apprendre à s’en servir. D’une certaine manière, cette relation rappelle celle de la mère avec son enfant. La mère aide l’enfant à faire connaissance avec lui-même : elle nomme ses états — « tu es fatigué », « tu as faim », « tu as envie de jouer ». Elle lui apprend ce que sont la vie, les émotions et les besoins. Parfois, elle le protège d’expériences qu’il n’est pas encore prêt à vivre, au moyen de limites ou d’interdictions qui peuvent parfois lui sembler difficiles.
De la même manière, l’analyste jungien accompagne la personne dans la découverte de son monde intérieur, du langage propre à sa psyché et de ses mécanismes naturels de régulation.
C’est pourquoi cette approche s’adresse à celles et ceux qui sont prêts à travailler avec patience, comme un jardinier qui prend soin de son jardin en attendant sereinement la floraison et les fruits de son travail.